La rappeur de San Diego Tiny Doo (Brandon Duncan au civil) risque la prison a perpétuité malgré un casier judiciaire vierge simplement pour avoir sorti un album.

La cause? une obscure loi  californienne de 2000  qui n’a jamais été utilisée auparavant et qui permet de poursuivre tout membre de gang qui aurait profité de crimes commis par d’autres membre du gang. C’est ainsi qu’il se retrouve poursuivit avec 14autres gangbangers pour tentatives d’homicides suite à 9 fusillades ayant eu lieu depuis Avril 2013.

Pourtant, et c’est là que le bât blesse,  rien ne permet de relier Tiny Doo aux fusillades. Le procureur ne le poursuit que sur base de son album No Safety  (très bon album au passage) qu’il prétend être une preuve claire de son affiliation au gang, et qui, selon lui toujours, a permis à Duncan de « bénéficier des fusillades parceque son gang ayant gagné en stature, ça lui aurait permis de vendre plus d’albums. » La preuve? un revolver est présent sur la pochette de l’album… Mais pourtant à l’écoute de celui ci on se rend compte que  jamais il ne pousse à aller commettre de crime et qu’aucune référence aux fusillades n’est faite. Ca n’empêche pas le procureur de le tenir coupable de conspiration. Le cas doit passer la semaine prochaine devant le juge qui décidera si oui ou non il y a lieu d’y avoir un procès.

 

Le premier amendement de la constitution américaine défend normalement la liberté d’expression, donc des groupuscules suprématistes et racistes comme le Ku Klux Klan sont protégées par celle-ci, des politiciens peuvent tenir des propos racistes (tant qu’il s’agit d’une opinion et non d’un appel à la haine… limite floue) mais un rappeur qui parlerait de la vie dans le ghetto pourrait être mis en prison parcequ’il profiterai ainsi des crimes commis par des gangs??  C’est une preuve de plus que la justice est de classe et de race au pays de l’oncle Sam.

C’est une atteinte grave à la liberté d’expression, imaginez les membres de N.W.A. emprisonnés à vie dès leurs débuts pour n’avoir fait que peindre une image crue (mais réelle) de ce que vivent les jeunes afro américains des quartiers chauds de Compton. Ici, si le procès passe ça pourrait faire jurisprudence et ainsi condamner potentiellement des centaines de rappeurs américains et autres artistes dont les oeuvres ne plairaient pas à l’establishment. Le sticker « parental advisory explicit content » ne suffit plus a balayer la misère vécue par des millions d’américains sous le tapis, loin des yeux de l’américaine puritaine maintenant la route est ouverte vers l’incarcération des victimes du cauchemard américain qu’on fait passer pour des criminels…

Mais imaginez vous Martin Scorsese (Gangs of New York, les Affranchis, Casino, les Infiltrés) emprisonné parcequ’il rencontrerait des mafieux en tant que consultants pour un prochain film?

 

source : http://countercurrentnews.com/2014/11/rap-artist-with-no-criminal-record-faces-life-in-prison-for-album-lyrics/

La loi en question : California Penal Code Section PC186.22(b)(1) : “Any person who is convicted of a felony committed for the benefit of, at the direction of, or in association with any criminal street gang, with the specific intent to promote, further, or assist in any criminal conduct by gang members, shall, upon conviction of that felony, in addition and consecutive to the punishment prescribed for the felony or attempted felony of which he or she has been convicted…” )

Pénalement votre

Shimikal

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