L’album de Kendrick Lamar To Pimp a Butterfly a été élu album du premier semestre 2015 et voici pourquoi

Après plus d’un mois de concours sur notre page facebook, l’album élu meilleur album de ce premier semestre rap a été dévoilé. Et c’est sans grande surprise celui de Kendrick Lamar qui l’emporte!

Et vous savez quoi ?

Je suis totalement d’accord avec ce choix !

Et je vais vous expliquer pourquoi avec une chronique titre par titre, Kendrick a bel et bien réalisé l’album rap le plus abouti de ce premier semestre de l’année 2015 et qu’il ne sera sûrement pas détrôné d’ici la fin de l’année.

Let’s Go !

1/ Wesley Theory

Every Nigg* is a Staaaaar !!! Dès les premières notes et mots de l’album,  on est confirmé dans ce que le single « i » et la cover de l’album laissaient présager, à savoir une bonne surprise! L’opus de Kendrick sera un album engagé et qui va prendre tout le monde à contre-pied tellement il s’éloigne de ce que le rap actuel nous propose.

2/ For Free

Sur une instru Jazzy, Kendrick réalise un titre à double sens très réussi. En effet, ce titre parle d’une femme insultant Kendrick  (le son commence par un gros « Fuck you nigg* you ain’t shit ! ») car il ne prend pas assez soin d’elle financièrement. Et Kendrick lui répond que sa b*te n’est pas gratuite. En réalité, il ne s’agit pas d’une simple affaire de couple, mais la relation de la communauté afro-américaine avec l’Amérique en tant que rêve américain et Nation État (Kendrick étant l’homme noir, la femme l’Amérique). Très bon titre mais difficilement appréciable si l’on ne se plonge pas dans les lyrics ou que l’on ne maîtrise pas la langue de Shakespeare. Heureusement, Kendrick a sorti le clip ce qui permet d’un peu mieux comprendre le concept.

3/ King Kunta

Après deux instrus Jazz et Blues sonnant années 50,60 Kendrick touche cette fois à la funk. Sur ce titre, Kendrick fait référence au personnage Kunta Kinté de la série qui a marqué toute une génération : Racine. Avec son flow entraînant Kendrick réussit un titre dansant sur un sujet très sérieux.

4/ Institutionalized

Sur ce titre, on retrouve un Kendrick plus posé mais continuant dans la direction de l’album : Parler des problèmes qu’il rencontre en tant qu’afro américain parqué dans un ghetto où tout est fait pour qu’il n’en sorte jamais. Ce titre est aussi le premier featuring de l’album avec Bilal, Snoop Dogg et Anna Wise,

5/ These Walls

On continue dans le style posé et les featurings où l’on retrouve encore une fois Bilal et Anna Wise. Un titre qui coupe aussi avec le côté engagé et politique du début de l’album puisqu’ici on y parle de sexe. Mais pas de n’importe quelle manière. Au lieu de la vieille recette usée et abusée de « bitch,pussy,big ass ou doggystyle »,  Kendrick opte pour des jeux de mots : walls qui représente à la fois les murs de la chambre où il fait l’amour, mais aussi les murs que Kendrick ressent dans les parties intimes de sa compagne tout un concept !

6/ u

u est tout simplement le titre le plus poignant de l’album. Ce titre conceptuel (encore 1 !) est une discussion entre Kendrick Lamar et sa conscience. Une conscience qui lui dit qu’il est difficile de l’aimer (D’où les cris au début du titre) depuis qu’il est devenu célèbre. Dans la deuxième partie, Kendrick rap même en pleurant tellement il est torturé par sa nouvelle vie (Il parle par exemple du fait qu’il a négligé un ami qui était à l’hôpital après s’être fait tirer dessus. Et que cet ami a fini par mourir sans que Kendrick aille le visiter ). Un Kendrick qui se livre donc entièrement et sans filtre.

7/ Alright

On dirait que Kendrick a voulu jouer avec nos émotions sur cet album puisque que le titre Alright est complètement à l’opposé de u ! Ici Kendrick parle d’espoir et du fait qu’il est capable de sortir des problèmes dont il parle dans ‘u’ car en tant qu’afro américain lui et sa communauté ont toujours su se relever malgré les difficultés (le problème actuel étant les bavures policières). Le refrain chanté par Pharrell Williams et la prod très entrainante réalisée par ce même Pharrell est parfait à écouter en voiture en mode évasion !

Le clip confirme d’ailleurs cet esprit d’évasion et d’espoir :

Note supplémentaire : Le titre finit par une explication du morceaux précédent ‘u’ et introduit un nouveau personnage qui jouera un rôle majeur dans le reste de l’album : Lucy. En fait dans le titre ‘u’ on entend Kendrick crier et pleurer dans sa chambre d’hôtel car lors de cette soirée il a vu Lucy (Lucy représentant en fait les vices de la vie drogue sexe etc.. et semble être un diminutif de Lucifer) alors qu’il avait son ami agonisant sur un lit d’hôpital. (Lucy pourrait avoir encore une autre signification mais je vous l’expliquerais dans un autre article car sinon on ne va plus s’en sortir tellement Kendrick est technique 😀 )

8/ for Sale

Deuxième interlude de l’album qui fait suite à Free. Sur une instru assez spéciale Kendrick semble encore avoir une conversation avec sa conscience qui cette fois lui demande pourquoi il se plaint puisque son rêve était au départ d’être riche et célèbre. Kendrick parle ici plus en détail de sa relation avec Lucy  qu’il a fini par dompter et qu’il est enfin redevenu lui même. C’est fort, très fort !

9/ Momma

Redevenu lui-même Kendrick rentre là où tout a commencé pour lui : Compton. Sur un titre encore soulful Kendrick fait une rétrospective de sa vie. Une époque où il avait faim de démontrer qu’il était un bon rappeur. (Regardez ce freestyle/battle de Kendrick avant son succès)

https://youtu.be/QKxOB_X3olw

10/ Hood Politics

Le titre commence par un pote de Kendrick qui semble se moquer de lui, disant qu’il a changé qu’il est devenu ‘un weirdo’ qui porte des skinny jeans, en gros qu’il a vendu son c** à l’industrie. Ce titre est donc une réponse à ce message et on retrouve ici un Kendrick agressif qui explique qu’il en a rien à foutr* de l’industrie, et qu’il est très loin d’être manipulé. De plus, il accuse aussi ceux qui le traitent de ‘vendu’ d’être des hypocrites car ils n’achètent et ne supportent pas les artistes qu’ils considèrent comme ‘real’ (il donne comme exemple le rappeur activiste Killer Mike.)

11/ How Much a Dollar Cost

Un titre soulful de Kendrick qui parle ici de sa relation avec l’argent sous forme d’une conversation qu’il aurait eu avec un clochard après que Kendrick ait refusé de lui donner un dollar. Ce n’est qu’après quelques couplets que l’on se rend compte que ce clochard n’est autre que Dieu qui lui pose la question fatidique : How much a dollar  cost ? En clair, jusqu’où est-il prêt à aller pour gagner de l’argent. Un titre qui est donc encore très imagé. Le refrain chanté par James Fauntleroy donne aussi au titre ce côté ‘divin’.

12/ Complexion (A Zulu Love)

Encore une fois, Kendrick touche a un sujet très sensible chez la communauté afro  : La couleur de peau. En effet, une séparation est souvent faite entre les ‘noirs foncés’ et les ‘les noirs clairs’. Ici Kendrick a un discours rassembleur et rappelle que toutes ces différences ont été implantées dans leurs têtes afin de mieux contrôler la communauté afro (théorie Willie Lynch), Sur ce titre on a aussi un avis féminin donné par la très talentueuse Rapsody.

13/ The Blacker The Berry

Deuxième titre de l’album ou l’on retrouve un Kendrick Lamar très agressif. Sur une production assez sombre, Kendrick, cette fois, n’accuse pas la ‘suprématie blanche’ comme dans beaucoup de titres de cet album, mais met cette fois la communauté afro américaine face à ses propres responsabilités. Il explique par exemple que la communauté afro américaine manifeste lorsque des policiers blancs tuent un noir, mais qu’elle ne fait rien lorsqu’un noir tue un autre noir (Ce qui arrive beaucoup plus souvent). Un titre d’une violence rare mais criant de vérité.

14/ You Ain’t Gotta Lie (Momma Said)

Sur ce titre laid back, Kendrick parle ici des rappeurs actuels, qui mentent sur leur vie et vendent une fausse image d’eux-mêmes. Il ne vise personne en particulier mais insiste sur le côté bête de foire tout droit sortie d’un cirque auquel beaucoup (trop) de rappeurs ressemblent aujourd’hui.

15/ i

‘i’ a été le premier single de l’album. Ce titre est en fait le contraire du titre ‘u’. Alors qu’il était dépressif et suicidaire lors de la période ‘u’ il a réussi à surmonter tout ça. Le ‘i’ représente donc la fierté, la confiance et l’affirmation de soi. Encore une fois, Kendrick utilise sa propre personne comme une représentation de la communauté afro américaine. Le titre est hyper rythmé et donne envie de danser.

16/ Mortal Man

Le dernier titre de l’album est un titre dédicacé aux fans, et la place que Kendrick prendra pour eux. Kendrick annonce clairement que son objectif est de devenir un véritable porte-parole pour sa communauté et ses fans à l’image de l’homme avec qui il a une conversation  à la fin de ce titre : 2pac Shakur. Et il se demande si ses fans le soutiendront lorsque qu’on tentera de l’attaquer ou de le boycotter.

Verdict :

To Pimp A Butterfly n’est pas un album fait pour tout le monde. C’est totalement compréhensible que beaucoup n’aient pas adhéré tellement il est à l’opposé de ce qu’est le rap aujourd’hui. De nos jours, le rap est devenu une musique de grande consommation ou la qualité des lyrics, la cohérence de l’album, les qualités techniques du rappeur etc… ne sont plus les critères majeurs de réussite (Young Thug a par exemple récemment déclaré qu’il pouvait écrire un titre en 8 minutes !)

L’album de Kendrick est dans une toute autre catégorie. Pour vraiment apprécier son album, il faut s’y plonger comme en lisant un livre (d’ailleurs l’album raconte bien de façon quasi chronologique ce que Kendrick a vécu entre GKMC et cet album), il faut dépasser le choc des instru qui ne sonnent pas du tout comme ce qui se fait dans le rap actuel. Il faut aussi décortiquer les lyrics (il est donc normal que ceux parmi vous ne comprenant pas l’anglais n’aient pas pu comprendre l’ampleur de cet album, mais on espère que notre explication des titres vous a permis d’y voir un peu plus clair 🙂 ). Il est difficile de comprendre la puissance de cet album lorsqu’on ne se sent pas concerné par les sujets que Kendrick Lamar traite dans To Pimp a Butterfly (les afros américains ont par exemple été motivé par le titre Alright au point de le chanter comme hymne lors d’une récente manifestation contre les violences policières.)

A mon goût cet album est donc bien l’album de l’année et même un véritable classic !

Fin de l’article

Note composé :

Lyrics : 5/5

Interprétation : 5/5

Instru : 4/5

Cohérence : 5/5

Note Générale : 19/20

Ps : On vous rappelle quand même que notre article a pour objectif de susciter le débat, nous ne détenons pas la vérité absolue 🙂

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About Bous

Créateur du site Bstar. Passionné de sport, musique, et développement personnel. Adage préféré : Vie tes rêves au lieu de rêver ta vie !
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