Bstar est fier de vous présenter son top des 20 meilleurs albums de hip-hop US sortis en 2015 !

2015 a été une particulièrement bonne pour le hip-hop et on ne vous cache pas que faire ce top n’a pas été facile.
N’hésitez pas à commenter si vous n’êtes pas d’accord avec nous, les places ont été difficiles à attribuer et on est prêt à vous expliquer nos choix !

 20.

Big Sean – Dark Sky Paradise

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Big Sean est un très bon rappeur en solo qui a tendance à se faire dépasser en featuring. Souvent moins fort lyricalement, on se souvient par exemple de ses couplets sur les tubes Mercy et Control qui avaient été complètement volés par Kanye West, Pusha TKendrick Lamar et même 2Chainz.
Dark Sky Paradise marque pourtant un tournant pour le rappeur de Detroit. On l’y voit sortir punchlines sur punchlines et enfin monter au créneau face à ses invités. Son couplet sur le très bon Blessings est ainsi dévastateur et lui permet de facilement tenir le niveau face à Drake.
Sorti au moment de la hype DJ Mustard, c’est une grande partie des prods qui sera réalisée par le beatmaker californien donnant légèrement la sensation d’écouter en boucle le même hook. Big Sean arrive pourtant à sortir de son schéma habituel de rap et étonne par ses performances.
Dark Sky Paradise est le meilleur album de Big Sean de loin, varié et constant dans sa qualité.

19.

Logic – The Incredible True Story

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Après son excellent premier album Under Pressure sorti l’année dernière, Logic s’était révélé au grand public en ayant mis la barre très haute. The Incredible True Story est au final un peu moins efficace qu’Under Pressure mais n’en reste pas moins un bon album qui mérite d’être écouté au moins pour le voyage. TITS décrit en effet l’histoire de l’humanité au 22ème siècle, soit 100 ans dans le futur. On voyage dans l’espace avec 5 millions d’autres personnes après que la Terre soit devenu inhabitable en quête de la planète Paradise.

Si le concept nous rappelle un certain Deltron 3030 et leur album éponyme, la ressemblance s’arrête là. The Incredible True Story ne sera pas un classique de la trempe de Deltron 3030 mais reste une des bonnes surprises de 2015. Le rappeur du Maryland commence à trouver son propre style mais a encore trop tendance à s’inspirer d’autres artistes, comme de nombreux skips qui feraient facilement ici penser à du Drake.

18.

Mac Miller – GO:OD AM

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Après 10 mixtapes et 2 albums, Mac Miller sort en septembre son 3 album GO:OD AM. Mac Miller est un des seuls rappeurs qui tend à s’améliorer au fil des années. Avec un passé essentiellement composé de bangers commerciaux destinés à être joués en clubs comme ses mixtapes KIDS ou Best Day Ever, il opère un grand virage dans l’underground hip-hop avec des sorties complètement aux antipodes des standards du moment. Sa mixtape Delusional Thomas boudée du public fut ainsi une de ses meilleures sorties, beaucoup plus riche et profonde que ce qu’on lui connaissait.
Avec ce nouvel album, Mac repart sur un rap plus posé tout en gardant beaucoup de recul.
GO:OD AM est probablement le meilleur album de Mac Miller. Les rimes sont riches, sensées et les instrumentales assez simples donnent à l’album une continuité qui nous prouvent que Mac Miller est bien parti pour rester un poids lourd du rap game. A contre courant des autres artistes, son but semble pourtant se trouver dans le hip-hop underground et la reconnaissance des hip-hop heads plutôt que celle du grand public.

17.

Action Bronson – Mr. Wonderful

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 Entre deux petits plats, Action Bronson est aussi capable de nous cuisiner de très bons albums comme son nouveau projet Mr. Wonderful a encore pu nous prouver.
Pas grand chose de nouveau pour ceux qui ont déjà l’habitude de suivre le rappeur du Queens. Le flow nonchalant, auto-dérisoire et les intrus bien travaillées dans le style particulier new-yorkais feront plaisir aux adeptes du rap East Coast. On peut toutefois noter ses débuts dans la chanson comme sur le refrain soul de Baby Blue et sa tendance à laisser désormais plus d’espace aux instrus. Action Bronson n’a plus rien à prouver si ce n’est que c’est bien lui qui fait les meilleurs hamburgers de New York !

16.

Ty Dolla $ign – Free TC

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On a pu voir récemment un vrai retour du R&B. Les chanteurs s’affranchissent des barrières du genre en mélangeant désormais facilement rap et chant. On peut citer Tory Lanez, (la superbe) Kehlani ou Bryson Tiller qui mêlent tous habilement hip-hop et r&b. Il est toutefois un artiste qui reste au dessus du genre tant sa maitrise semble innée. Ty Dolla $ign qui se considère d’ailleurs lui-même d’abord comme un chanteur, rappe puis chante si facilement qu’on n’arrive souvent plus à en dire la différence.
Free TC est ainsi le genre d’album qui alternera constamment entre couplets rappés et refrain chantés, tout ça autour d’un thème : l’incarcération injustifiée du frère de TY$ Big TC.
A l’écoute on enchaîne entre ballades à la guitare comme Solid avec Babyface et des pistes très complètes qui démontrent les talents du rappeur californien pour créer l’harmonie comme la superbe Miracle/Wherever où il rappe d’ailleurs avec son frère à travers le parloir. TY$ saura également satisfaire votre soif de grosses basses avec plusieurs bangers comme Blasé avec Rae Sremmurd.
Le rappeur californien fait donc carton plein avec cette nouvelle sortie qui démontre encore sa polyvalence.

15.

Donnie Trumpet & The Social Experiment – Surf

 
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Dans un registre plus orienté free jazz, on retrouve l’album Surf réalisé par le trompettiste Donnie Trumpet et groupe de Chicago Social Experiment dont fait partie Chance The Rapper, l’un des rappeurs les plus prometteurs du moment. Les collaborations sont très nombreuses (J.Cole, Janelle Monaé, Erykah Badu, Busta Rhymes ou encore Big Sean) pour un album plein d’energie ou se mêlent aussi bien rap, soul et gospel.
Fermement attendu depuis Acid Rap, Chance démontre encore son talent de manieur de rimes sur de nombreux morceaux comme Slip Slope avec un Busta Rhymes étonnant.

14.

Kirk Knight – Late Knight Special

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Faire partie d’un collectif peut à la fois être une aubaine et un handicap pour un artiste inconnu. S’il est bien plus facile de se faire connaître en profitant de la célébrité d’un des membres ayant déjà percé, il y a aussi de fortes chance de rester dans son ombre ou de toujours être lui comparé.
Kirk Knight a pour sa part réussi à tirer les bons côtés de cette situation. Faisant partie du Pro Era aux côtés des CJ Fly, Nyck Caution et surtout Joey Bada$$, il a malgré cela réussi à sortir un album tout à fait réussi en créant son propre style. Même si les similitudes sont nombreuses avec Joey par leurs influences similaires, le rappeur de Brooklyn arrive à trouver sa propre place dans le collectif et dans le rapgame pour ainsi laisser sa trace avec Late Knight Special.
C’est donc une grande révélation pour cet artiste qui restait jusqu’alors dans l’ombre de la star du groupe. LKS est en tout point un album excellent qui reprend les codes du rap new-yorkais tout en l’adaptant à la sauce Beast Coast actuelle. Les rythmes sont plutôt lents et introspectifs (sauf l’énervée Knight Time) et positionnent Kirk Knight comme un des rappeurs sur lequel il faudra compter dans le futur New-Yorkais.

13.

Meek Mill – Dreams Worth More Than Money

 
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A la sortie de Dreams Worth More Than Money, Meek Mill avait annoncé qu’à la différence de ses autres projets, il s’était concentré sur le rap, les métaphores et les messages plutôt que sur ses thèmes habituels : sa ville, l’argent et la violence. Evidemment il n’a pas réussi à respecter son objectif et si on peut quand même souligner sa bonne volonté sur certains morceaux comme la fracassante R.I.C.O. avec Drake, il repart inévitablement sur le thème du deal dans la plupart de ses autres tracks.
Passé ce point qui n’étonne plus vraiment, DWMTM est un très bon album pour qui veut se défouler. Le style d’instrumentales et de rap reste semblable à ce qu’on a déjà pu entendre dans ses projets précédents mais Meek fait du bon boulot dans son domaine et ravira tous les fans qui avaient déjà accrochés à l’univers du rappeur de Philadelphie. Les bangers sont présents comme on les attendait (R.I.C.O., Lord Knows avec le futur meilleur rappeur Tory Lanez, ou Ambitionz) et Meek Mill montre encore que dans cette catégorie de rap, c’est lui le roi.

12.

The Game – The Documentary 2/2.5

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Efficace et régulier, The Game a su rester sur le devant de la scène depuis le début des années 2000. Constant dans ses choix musicaux, il sort avec The Documentary 2 un album fait de jazz, gospel et boom bap. Game voulait marquer l’année : Près d’une quarantaine de pistes réparties sur 2 albums puisqu’il sort The Documentary 2.5 dans la foulée. Le double album comprend 18 artistes en featurings mélangeant nouveaux talents (Dej Loaf, Anderson .Paak, King Mez) et artistes confirmés (Drake, Kendrick Lamar, Dr. Dre, Nas, etc…).
Avec autant d’artistes invités, Game est en featuring sur presque toutes ses tracks et on pourrait croire qu’il finisse par se voler la vedette par ces jeunes loups après déjà tant d’année à rapper. Erreur. Comme on a pu le voir récemment avec Stitches, le rappeur californien garde toujours le centre de l’attention grâce à des couplets riches et bien travaillés. Les hits sont présents et ce n’est pas aujourd’hui que le vétéran ira se coucher.

11.

Future – Dirty Sprite 2

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Que l’on soit adepte ou pas du style de Future, force est de constater qu’avec Dirty Sprite 2 il délivre un des albums majeurs de l’année. Il faut savoir que la fan base de Future est une des plus active du rap américain, on comprend dès lors pourquoi ses sorties sont autant attendues alors qu’il livre des projets à un rythme effrené. Depuis 2014 on peut lui compter trois mixtapes en solo : 56 nights, Monster et Beastmode, une en featuring avec Drake : What a Time To Be Alive et enfin cet album qui avait fait parlé de lui sur twitter bien avant sa parution.
Allié à son producteur favori Metro Boomin, DS2 démontre encore une fois que l’alliance entre les 808 du beatmaker et le flow vaporeux de Future donne naissance à certains des plus puissants sons trap de l’année comme Thought It Was a Drought, Fuck Up Some Commas ou Sisters. Sexe et codéine, Future sait de quoi il parle et aligne les punchlines sur les 18 tracks de l’album.
L’album reste cohérent tout au long de l’écoute (merci à Metro Boomin producteur presqu’exclusif de l’album) et maintient la sonorité qu’il développe depuis ses 2 dernières mixtapes. DS2 maintient Future au sommet de la trap d’Atlanta et il signe ainsi probablement le meilleur album du style de ces dernières années.

10.

Travi$ Scott – Rodeo

 

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Comment évoquer l’été 2015 sans parler d’Antidote ou  3500 ? Après avoir été un outsider pendant les dernières années malgré des mixtapes impressionnantes et une aide considérable de Kanye West qui le prit sous son aile, Rodeo donne enfin à Travi$ Scott la crédibilité qui lui manquait pour quitter la zone des rookies. Il est aidé dans la réalisation de l’album par une armada d’artistes. D’abord à la production avec de nombreux grands noms du beatmaking : Metro Boomin, TM88, Pharell ou Kanye West pour ne citer qu’eux, puis de Schoolboy Q, Young Thug, Future, The Weeknd ou Juicy J en featuring.

Rodeo est donc un très bon premier album pour le rappeur du Texas qui n’est pas sans rappeler le Man On The Moon de Kid Cudi par la dimension narrative du projet.

9.

Joey Bada$$ – B4.da.$$

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Joey Badass peut se vanter d’être l’un des seuls rappeurs à faire l’unanimité parmi tout le public hip-hop. Agé de 20 ans à la sortie de son album, il est autant admiré par les jeunes fans qu’il l’est par les plus vieux tant il mélange bien nouvelles et anciennes sonorités. Purement New-yorkais, Joey Badass incarne parfaitement le renouveau du rap East Coast qui connait aujourd’hui sa deuxième vague de talent après la deuxième moitié des 90’s. Après avoir donné naissance aux Jay-Z, Biggie et Nas, NY dévoile une deuxième génération de talents qui compte probablement Joey Badass dans son trio de tête. On ressent parfaitement dans B4.da.$$ la vibe new-yorkaise que Joey adapte à son style. Issu du même collectif que Kirk Knight qu’on a vu avant, ces 2 albums en restent pourtant très différent.
Deux ans et demi après la sortie de 1999 qui lui apporta crédibilité à lui et Pro Era, Joey Badass ne semble pas prêt de s’arrêter et on est curieux de savoir ce qu’il a encore à nous dévoiler. B4.da.$$ est sorti le jour de ses 20 ans et marque probablement une grande étape pour le rappeur qui signe ainsi son premier album.

8.

Drake – If You’re reading This It’s too late

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If You’re Reading This It’s Too Late est le genre de petit cadeau inespéré qu’on ose à peine attendre. Apparu sur internet à l’improviste, le rappeur de Toronto a crée une nouvelle fois le buzz en sortant un album inédit.
Au fil des années Drake a su s’améliorer pour devenir l’un des meilleurs rappeurs actuels. Sa position est aujourd’hui probablement contestable entre 3 rappeurs : Drake, J. Cole et Kendrick Lamar. Même si son image est souvent moquée (on en jamais assez), son talent est reconnu par toutes les hiphop heads quel que soit leur style de prédilection. On peut notamment reconnaitre au rappeur d’avoir réussi à créer son propre style et d’avoir si bien imposé sa touche personnelle qu’un bon nombre de rappeurs s’en inspirent aujourd’hui. Des beats simples souvent composés d’un lead et de gros subs bien gras accompagnés d’un rap aérien ou chanté sont devenus sa marque de fabrique. Energy, Know Yourself ou No Tellin’ ont marquées 2015 et seront encore écoutés pendant des années.
Plus agressif que sur ses précédentes mixtapes, Drake veut désormais s’affirmer comme le meilleur rappeur actuel. Comme il le dit dans 6PM In New York : « Your content is so aggressive lately, what’s irking you? / Shit is getting so personal on your verses, too / I want to prove that I am Number one overall these niggas / Being number two is just being the first to lose ».
Attendu pour Views From The 6, Drake fait la surprise avec ce projet inattendu et affirme sa position au sommet du game. La sortie prochaine de son album sera peut-être le sacre qu’il attend tant.

7.

Jay Rock – 90059

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TDE est la définition même que la qualité l’emporte sur la quantité. Avec seulement 5 rappeurs, le label a su s’exposer comme une des maisons de disques les plus importantes du monde du hip-hop. Si les réputations de Kendrick Lamar, Schoolboy Q et Ab-Soul ne sont plus à faire, Jay Rock et le dernier arrivé Isaiah Rashad n’avaient jusqu’à présent pas dévoilés d’album majeurs dans l’histoire du label et donc l’histoire du hip-hop (l’excellente mixtape Cilvia Demo d’Isaiah qui avait fait l’unanimité auprès de la critique et du public n’avait malheureusement pas eu le succès mérité).
C’est maintenant chose faite pour Jay Rock. Après 4 ans sans projet, on finissait par se demander ce qu’avait le emcee à apporter d’exceptionnel au sein du label. Cela fait en effet 10 ans qu’il fait partie intégrante de TDE et du groupe Black Hippy avec K.Dot, Q et Ab-Soul. 90059 fait donc l’effet d’une petite bombe lyricale dans le paysage du hip-hop californien tant on était pas préparé à entendre un album pareil de sa part.
Evoquant son passé dans les gangs et les choix moraux s’imposant entre respecter la loi ou trouver à manger, Jay Rock parvient à trouver un équilibre rare entre l’ambiance des instrus, son flow et ses paroles.
Gumbo et Telegram font partie des meilleures chansons de l’album, faisant monter peu à peu la puissance jusqu’au sommet de l’album : le tube Vice City. En compagnie de ces 3 frères d’arme, le Black Hippy Crew débite punchlines et couplets incendiaires à la suite comme s’ils étaient en compétition.
Avec 90059 Jay Rock signe donc sa meilleure sortie et se hisse au niveau des meilleurs de son crew. Il n’y a plus qu’à espérer qu’il continuera ainsi et attendra moins longtemps avant de sortir son prochain album.

6. 

Pusha T – King Push : Darkest Before Dawn – The Prelude

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Alors qu’il n’était encore connu que d’un petit public local, les paroles de Pusha T tournaient essentiellement autour d’un seul thème : le deal de cocaïne. Après plusieurs années de succès dans le rap grâce à une ascension sous la protection de Kanye West et un dernier album très bien accueilli, le rap a pris peu à peu la place la plus importante dans les revenus du rappeur et il devenait de plus en plus difficile pour Pusha T de continuer à rapper du même thème sans perdre sa crédibilité. Il se met alors à changer de thématique et devient peu à peu l’un des meilleurs songwritters actuels, écrivant même en ghostwritter pour Kanye West. Ayant réussi à prendre ce recul par rapport à son passé, il commente ainsi dans la chanson d’Ab-Soul Side B : « I’m sick of all these niggas with their ten year old stories / You ain’t doing that no more, nigga lying to the shorty ».
KPDBD n’est qu’un prélude au King Push prévu pour l’année prochaine mais se présente pourtant déjà comme un album exceptionnel. Aidé par de nombreux producteurs (au moins 2 sur chaque tracks) et songwriters (de 4 à 8 sur chaque tracks), Pusha Ton frise la perfection en s’approchant du style de son mentor Kanye et de son chef d’oeuvre My Beautiful Dark Twisted Fantasy en utilisant les mêmes codes : de grands orchestres mélodiques pour former de tonitruantes instrumentales.
Si la durée finale peut décevoir un peu, il faut se rappeler que KPDBD n’est qu’un prélude au projet final et on ne peut qu’être bizarrement effrayé mais impatient d’écouter la suite après une telle introduction.

5.

Vince Staples – Summertape 06

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L’année dernière un rappeur encore peu connu avait fait parlé de lui en sortant un EP très bon mais un peu court.
Parler de politique ou de sujets sociaux est encore quelque chose qui effraie beaucoup de rappeurs. Peu osent vraiment prendre parti et crier les vérités difficiles à entendre. Vince Staples et l’un de ces rappeurs. Peu concerné par l’image que les autres pourraient avoir de lui, il décrit froidement sa réalité journalière ponctuée de violence et racisme à la manière d’un film glacant.
« I’m just a nigga / Until I fill my pockets / And then I’m Mr. Nigga » c’est la première phrase de Summertape ’06 qui sera suivie de nombreuses autres traçant son quotidien de jeune adulte de Long Beach, California. Encore aujourd’hui il est difficile d’être noir aux Etats-Unis tant les clichés et la stigmatisation sont toujours présents. Toutes les récentes affaires concernant les violences policères sont encore là pour nous le confirmer et Vince décrit parfaitement comment cela affecte la communauté en perpétuant la culture des gangs.
Summertape 06 n’est pas comme les autres projets de cette liste. Il peut surprendre par son aspect cru. Pourtant l’album suit une vraie trame en qui fait écho aux autres projets du rappeur. L’écoute intégrale est presque obligatoire pour cet album dont les sons s’enfilent les uns dans les autres pour prendre une forme d’histoire, celle d’un jeune grandissant dans un quartier de L.A., à la manière d’un certain g.o.o.d. kid m.A.A.d city sorti quelques années plus tôt.

4.

Dr. Dre – Compton : A Soundtrack By Dr.Dre

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Attendu depuis plus d’une décennie par toutes les amateurs de hiphop autour du monde, le 3ème album de Dr. Dre avait soulevé bon nombre de rumeurs tant sa sortie semblait de plus en plus n’être rien d’autre qu’une légende. Entre un nom, Detox et des informations sur un album fait à partir de bruits enregistrés dans l’espace, on se demandait si le docteur en avait encore sous la main où s’il avait fait un trait sur sa carrière.
Dr. Dre l’a pourtant bien sorti ; un patchwork de sons californien regroupant toute la fine fleur du hip hop actuel et passé, tant au niveau des rappeurs que des producteurs. Etait-ce bien l’album que l’on attendait ou juste une mise en bouche ? Les avis divergent mais Dre affirment que Detox est passé à la trappe en échange de cet hymne à la ville californienne.
Contrairement à The Chronic puis The Chronic 2001, Dr.Dre prend plus la place d’un directeur artistique que d’un producteur à coordonner les rappeurs, chanteurs et producteurs. Les artistes se succèdent pistes après pistes aux cotés de l’ancien membre de NWA en donnant de leur meilleur. On retrouvera ainsi les anciens fidèles poids lourds de Dre Ice Cube, Xzibit, Eminem ou encore Snoop Dogg, et aussi les artistes prometteurs Anderson .Paak, King Mez ou Justus qui démontrent que Dr.Dre n’a rien perdu de son oeil pour repérer les jeunes talents ni de son talent pour composer, tant G-funk et hip-hop moderne se mélangent ici aussi bien.

3.

A$AP Rocky – At.Long.Last.A$AP

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Rappeur styliste ou styliste rappeur ? Cette question revenait souvent pour dénoncer le fait qu’A$AP Rocky ne voit le rap que comme un passe temps et préfère faire la fête en club entouré de mannequins. At.Long.Last.A$AP marque pourtant un tournant dans la carrière du rappeur. Rocky délaisse cette image immature qui le suit pour fournir un album beaucoup plus riche que les précédents, tant en manière de paroles qu’en musicalité. Est-ce du à la mort de son ami A$AP Yams qui était aussi le fondateur du A$AP Mob ou de sa rencontre avec Joe Fox, un musicien rencontré jouant dans les rues de Londres ? Rocky laisse le mystère mais dévoile avec ALLA son meilleur album.
L’album fait 18 pistes mais ne semble pas être long, bien au contraire. Les morceaux se suivent les uns après les autres en emmenant l’auditeur dans des sphères psychédéliques avec des chansons comme LSD, Excuse Me puis en le réveillant avec de bons gros bangers comme l’artiste d’Harlem sait si bien le faire sur Lord Pretty Flacko Jodye 2.
Composé de piste parfois assez simple, la magie opère pourtant à chaque fois et l’on plonge dans l’univers du rappeur fait de noir et d’or avec les lentes Canal St. ou Everyday.
At.Long.Last.A$Ap est du point de vue musical mon album préféré de l’année. L’écoute m’a vraiment fait l’effet de quelque chose de nouveau dans le paysage du hip hop où les productions occupent une place aussi importante voir plus que le rappeur même. Il est en tout cas très intéressant de constater que Rocky ose créer puis emprunter ce genre de chemin et cela laisse bien interrogatif sur ce qu’il nous réserve encore dans le futur.

2.

Lupe Fiasco – Tetsuo and Youth

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Les temps étaient compliqués pour Lupe Fiasco. Empêtré depuis des années dans un conflit avec son label Atlantic Records, Tetsuo And Youth devait signifier la fin de son contrat et sa liberté. La maison de disque s’est fait connaître pour avoir retardé la sortie de Lasers jusqu’à ce que les fans de Lupe viennent faire pression directement devant les locaux de l’entreprise. Pour la sortie de T&Y, il a fallu que ce soit les Anonymous qui envoient une menace pour forcer le label à sortir l’album.
Bien que Lupe Fiasco ait lui même critiqué son album en disant en interview qu’il se trouvait moins fort qu’avant et avait le sentiment d’être sur une pente descendante, force est de constater que Tetsuo And Youth est un album de grande qualité. Il faut déjà admettre que le rappeur de Chicago a vraiment très bonnes paroles. Intelligentes et construites, il reconnait d’ailleurs qu’elles ne lui apporteront pas la même crédibilité auprès de la jeunesse qu’un Wiz Khalifa.
Pourtant Tetsuo And Youth est vraiment essentiel à écouter si l’on veut se faire une idée juste de la situation actuelle aux Etats-Unis.
Le qualificatif de rappeur-poète est peut-être le mieux adapté à Lupe Fiasco. On retrouve 4 interludes chacune portant le nom d’une saison traitant divers aspects de la vie de Lupe. L’album s’ouvre avec Mural, une des meilleures chansons de l’album au sample bien connu, où le rappeur rappe sans arrêt et sans refrain pendant 9 minutes. Toujours dans une description très orientée vers le visuel, Lupe développe également son côté artistique. De plus en plus attaché à la peinture, il révèle que c’est lui même qui a peint la pochette de l’album.
T&Y est un retour de Lupe Fiasco au rap de ses origines, au flow de Food And Liquor et de son énorme succès Kick Push.
Bien qu’il en dise le contraire, aucun doute à encore avoir sur son talent et maintenant qu’il n’a plus de barrière d’Atlantic, on se demande bien vers quoi il nous emmènera.

1.

Kendrick Lamar – To Pimp a Butterfly

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Peut on seulement encore discuter de cette première place ? Elevé au rang d’icône indiscutée par une majorité écrasante du public hip-hop mais aussi au-delà, Kendrick Lamar signe avec To Pimp a Butterfly un album historique, premier de toutes les listes qu’elles traitent de hip-hop ou de musique générale. Après le succès de Good Kid Maad City, Kendrick avait explosé face au grand public et beaucoup doutait alors de sa capacité à sortir un album d’une qualité pareille ou supérieure. Pourtant K.Dot réussi le paris haut la main tout en osant prendre une grande liberté dans la composition de son album. A contre courant de nombreux autres rappeurs, Kendrick met l’Amérique en face de ses réels et durs problèmes. Alright qui décrit ainsi les stigmatisations toujours incrustées dans les moeurs policier est même considérée par des médias non spécialisés en hip-hop comme la chanson de la décennie, c’est dire.
TPAB c’est aussi la suite de l’histoire du jeune homme ayant grandi dans sa banlieue de Los Angeles. Le garçon est aujourd’hui une star qui doit faire face à un public en demandant toujours plus alors que les tentations auxquelles il doit faire front n’ont jamais été plus grandes.
Kendrick a récemment déclaré dans un interview avoir le sentiment d’avoir été « choisi » pour accomplir un devoir, celui de répandre la paix et l’amour dans sa ville, son pays et son monde dont nous faisons tous partie.
Alors 2015 année de Kendrick Lamar ? « Encore » on pourrait dire, et ce ne sera surement pas la dernière. Après avoir donné un aperçu de son travail avec J.Cole sur Black Friday, on a bon espoir de voir un petit projet apparaître en 2016. En solo où avec J.Cole, le rappeur de Compton aura de toute façon toute la confiance de son public.

Pour finir cet article on vous propose d’avoir un meilleur aperçu de l’univers des artistes et leurs albums, grâce a une playlist reprenant les morceaux les plus marquants de chaque album (dans la limite de ce qu’on pouvait trouver sur soundcloud malheureusement)

https://soundcloud.com/northcapital/sets/samples-of-2015

About Syx Maz

Hip-Hop saiyajin à l'écoute - https://soundcloud.com/syxmaz
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